La progression thématique.

Publié le 3 Mars 2012

       Dans un passage narratif ou descriptif, l'analyse du thème et du propos de chaque phrase permet de déterminer quelle est la progression thématique adoptée.

On distingue trois types de progression thématique : la progression linéaire, la progression à thème constant ou la progression à thèmes dérivés.

       Dans une progression linéaire, le propos d'une phrase devient le thème de la suivante. Ex. : « Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont l'Évêque envièrent à Mme Aubain sa servante Félicité. Pour cent francs par an, elle faisait la cuisine […] et resta fidèle à sa maîtresse qui cependant n'était pas une personne agréable. Elle avait épousé un beau garçon sans fortune. » (Gustave Flaubert, Un cœur simple). Le propos de la phrase 1, Félicité, devient le thème de la phrase 2 ; ce type de progression explique la particulière fluidité du récit de Gustave Flaubert et justifie ce que Marcel Proust disait de son extraordinaire « continuité de style »).

       Dans une progression à thème constant, toutes les phrases ont le même thème. Ex. : « Il y a un chien, mais c'est un labri à poils ras. Il aboie par acquit de conscience ; en vérité il plaisante. Il n'a pas l'air de s'effrayer de peu. Malgré tout il m'arrête. » (Jean Giono, les Grands Chemins).

        Dans une progression à thèmes dérivés (éclatés), le thème d'une phrase est décliné en différents aspects qui constituent les thèmes des phrases suivantes. Ex. : « L'Imânus, après avoir sonné avec sa trompe le coup de signal, redescendit ; le marquis mit l'épée à la main ; les dix-neuf assiégés se groupèrent en silence dans la salle basse. » (Victor Hugo, Quatrevingt-Treize). Le thème initial des assiégés qui se préparent au combat, est abordé par une succession de gros plans (sur l'Imânus, sur le marquis), puis par un plan d'ensemble.

        On parle de rupture thématique lorsqu'une progression est volontairement interrompue pour créer un effet de sens. C'est le cas dans cet extrait des Grands Chemins de Jean Giono : « Je reste longtemps immobile. C'est la respiration de quelqu'un qui court. Je ne peux pas croire que c'est la sienne. Cependant je sens l'odeur de sa veste mouillée. » La progression à thème constant (« je », « je », « je ») est brisée par le surgissement de cet homme qui court dans la nuit (« c'est la respiration de quelqu'un qui court »).

Encarta 2007. 

Rédigé par Parcours pédagoqique d'un enseignant

Publié dans #Supplément de cours de la troisième année du C.S.C

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